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37 jours de pluie consécutifs en France : une série historique jamais vue depuis 1959

Depuis le 14 janvier 2026, il pleut chaque jour sur le territoire français sans interruption. Au 20 février, la série atteint 37 jours consécutifs — un record absolu depuis le début des mesures en 1959. Et ce n'est pas qu'une question de statistiques : derrière ce chiffre, des sols saturés, des rivières en crue et des milliers de foyers menacés.

Une série inédite dans l'histoire météorologique française

Pour qu'une journée soit comptabilisée comme « jour de pluie » à l'échelle nationale, le cumul moyen sur le territoire doit atteindre ou dépasser 1 millimètre. Ce seuil, en apparence modeste, a été franchi 37 fois de suite. Jamais depuis 1959 une telle continuité n'avait été enregistrée.

La mécanique derrière tout ça ? Deux anticyclones — l'un centré sur l'Afrique, l'autre sur le nord de l'Europe — agissent comme des murs qui canalisent les perturbations atlantiques droit vers la France et l'Espagne. Dans ce flux perturbé, les tempêtes se sont succédé : Goretti, Ingrid, Nils, Pedro… Chacune apportant sa dose de pluie, l'une après l'autre, sans laisser le temps au ciel de se dégager.

Une période plus sèche devrait s'installer dans les prochains jours, ce qui mettra probablement fin à cette série. Mais le bilan, lui, restera dans les annales.

Des cumuls records de Quimper à Toulouse

Depuis le 1er janvier, certaines régions ont déjà reçu l'équivalent d'un hiver entier de pluie — voire davantage. La Bretagne, le quart Sud-Ouest et le pourtour méditerranéen sont les plus touchés. Concrètement, voici ce que donnent les relevés :

  • Quimper (Finistère) : 580 mm depuis début janvier, contre une normale hivernale de 412 mm
  • Bordeaux (Gironde) : 320 mm, pour une normale de 260 mm
  • Toulouse (Haute-Garonne) : 202 mm, contre 139 mm en hiver normal

Résultat : février 2026 est d'ores et déjà le mois de février le plus pluvieux jamais mesuré en France depuis le début des relevés. Et on n'est que le 20 du mois.

Sur l'ensemble de la période depuis le 1er janvier, on compte 44 jours de pluie — à comparer aux 48 d'un hiver complet "normal". Six journées sans pluie seulement en sept semaines. Si vous avez l'impression de ne plus vous souvenir du ciel bleu, ce n'est pas un hasard.

Des sols saturés, des crues majeures

Quand la pluie tombe sur des sols déjà gorgés d'eau, elle ne s'infiltre plus : elle ruisselle. Au 19 février, la quasi-totalité du territoire français affichait des sols saturés, atteignant des niveaux records jamais observés en février. Des crues importantes, parfois majeures, touchent l'ouest du pays depuis plusieurs semaines.

Ce phénomène a une logique simple mais implacable : les nappes phréatiques, d'abord revenues à la normale mi-janvier après des années de déficit, ont continué à se remplir jusqu'à déborder. Le sol ne peut littéralement plus absorber davantage.

Ces pluies vont-elles protéger la France de la sécheresse cet été ?

C'est la question que beaucoup se posent, et la réponse est nuancée. Ces précipitations ont effectivement permis de reconstituer les réserves d'eau souterraines et d'humidifier les sols en profondeur. De quoi retarder l'assèchement printanier et donner une marge avant les premières chaleurs.

Mais un hiver humide ne garantit pas un été sans sécheresse. Ce qui se passera entre mars et août — températures, pluviométrie, évapotranspiration — déterminera la situation estivale. L'histoire climatique récente nous a montré que les deux peuvent coexister : un hiver record en précipitations suivi d'une sécheresse estivale sévère.

Et nos hivers futurs, à quoi ressembleront-ils ?

Ce que nous vivons cet hiver n'est pas forcément une anomalie isolée. Les projections de la TRACC (Trajectoire de réchauffement de référence pour l'adaptation au changement climatique) dessinent une tendance claire :

  • À +2,7 °C (horizon 2050), les précipitations hivernales augmentent en moyenne de +20 % sur le nord et l'ouest de la France, avec des pics locaux possibles entre +36 % et +40 %
  • À +4 °C (horizon 2100), la tendance se confirme avec des hausses de +17 à +20 % en moyenne nationale

La physique est assez directe : une atmosphère plus chaude retient davantage de vapeur d'eau, ce qui alimente des épisodes de pluies plus intenses. Les extrêmes, dans les deux sens — canicules comme inondations — deviennent plus fréquents. L'hiver 2026 pourrait donc moins être une exception qu'un aperçu de ce qui nous attend régulièrement dans les décennies à venir.

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