Fin février 2026, le thermomètre s'est emballé dans tout le pays. Le Sud-Ouest a frôlé les 29°C le 26 février, Paris a tutoyé les 21°C, et les vacanciers des zones B et C ont profité d'une parenthèse quasi printanière. Un épisode rare, porté par un blocage anticyclonique et une masse d'air subtropical venue d'Afrique du Nord, qui devrait se maintenir jusqu'au 2 mars.
Des températures qui n'ont rien d'hivernal
Soyons honnêtes : quand on parle de fin février, on s'attend à des journées fraîches, peut-être quelques gelées matinales, certainement pas à sortir en T-shirt. Et pourtant, c'est exactement ce qui s'est passé cette année. À Orthez, dans les Pyrénées-Atlantiques, le mercure a grimpé à 28,3°C le 26 février — un record local depuis l'ouverture de la station en 1994, dépassant l'ancien pic de 27,1°C établi en février 2020. À Biarritz, 27°C. À Pau, 26°C. L'écart avec les normales saisonnières dépasse les 12 à 14°C dans certains secteurs.
Pour rappel, un fin février normal dans le Sud-Ouest affiche plutôt 13 à 15°C à Bordeaux, 12 à 14°C à Toulouse. Autant dire que les habitants se sont retrouvés dans une saison complètement différente de celle inscrite sur le calendrier.
Du côté de Paris et de l'Île-de-France, les maximales ont atteint 19 à 21°C — très proches du record de février 2019 fixé à 20,8°C. Un écart de 8 à 9°C au-dessus des moyennes de saison. Le Nord et le Grand Est restent plus en retrait, avec 12 à 16°C, mais c'est là encore supérieur aux normales.
Pourquoi un tel épisode en plein hiver ?
La réponse tient en quatre éléments, selon Météo-France :
- Un blocage anticyclonique durable qui bloque toute perturbation atlantique
- Une advection d'air subtropical en provenance d'Afrique du Nord
- Un fort ensoleillement qui chauffe les sols asséchés
- Une atmosphère stable qui empêche la dispersion de la chaleur
Ce cocktail est classique des épisodes de chaleur hivernale, mais son intensité sur cette période reste remarquable. Ce qui est frappant aussi, c'est que les températures nocturnes n'ont pas vraiment plongé : les minimales sont restées au-dessus des moyennes habituelles, ce qui amplifie l'impression d'un hiver qui a tout bonnement disparu pendant une semaine.
Région par région : qui a eu le plus chaud ?
Le Sud-Ouest en tête
C'est sans surprise le grand gagnant de cet épisode. La Gironde, le Lot-et-Garonne, la Charente et la Dordogne ont affiché des maximales régulièrement supérieures à 20°C entre le 26 février et le 1er mars. À Mont-de-Marsan dans les Landes, le cap des 25°C a été franchi. À Toulouse, 22°C — soit presque 10°C de plus que la normale.
Provence et Méditerranée
En Provence-Alpes-Côte d'Azur et dans l'Hérault, les températures ont oscillé entre 18 et 22°C selon les secteurs. Doux, mais sans l'extrême du couloir atlantique.
Et les vacances d'hiver dans tout ça ?
Les zones B et C étaient encore en congés scolaires entre le 26 février et le 2 mars. Difficile de rêver d'une météo plus favorable pour profiter des parcs, des terrasses et du littoral. On a vu des scènes dignes d'avril : des familles en bras de chemise sur les plages landaises, des terrasses bondées à Bordeaux... En janvier, on aurait parié sur le contraire.
Cette chaleur ne signifie pas pour autant que le printemps météorologique — qui commence officiellement le 1er mars — arrive en avance. Il s'agit d'un épisode isolé, intense, mais temporaire.
Et les records nationaux dans tout ça ?
Le record absolu de chaleur en février en France métropolitaine reste inégalé : 31,2°C, enregistré à Saint-Girons le 29 février 1960. Les valeurs de fin février 2026 s'en approchent localement sans le dépasser. En revanche, plusieurs stations enregistrent bel et bien leur mois de février le plus chaud depuis leur création.
À partir du 3 mars, un retour progressif vers des niveaux plus conformes à la saison est attendu. Pas de retour brutal au froid, mais la parenthèse se referme. Profitez-en encore un peu.
- 26 février – 2 mars : maintien des chaleurs exceptionnelles, surtout dans le Sud-Ouest
- À partir du 3 mars : repli progressif des températures, sans chute brutale