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Inondations en Bretagne : un rail dépressionnaire historique qui inquiète jusqu'à la mi-février

Depuis début janvier 2026, la Bretagne subit des pluies d'une intensité rarissime. Des records vieux de plusieurs décennies tombent les uns après les autres, tandis que les quatre départements bretons enchaînent les vigilances pour crues. Derrière ces inondations à répétition se cache un phénomène météorologique redoutable : un rail dépressionnaire figé sur l'Atlantique qui déverse sans relâche des masses d'air humide sur la région.

Des cumuls de pluie qui pulvérisent les anciens records

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. À Sizun, dans le Finistère, il est tombé 361,4 litres d'eau par mètre carré depuis le 1er janvier. Ce total efface le précédent record de 334,6 litres établi en décembre 1999, une référence qui tenait depuis plus de 25 ans. À Ploudaniel, le cumul atteint 287,5 litres par mètre carré, dépassant les 282 litres de décembre 2013. Plus au sud, Camaret-sur-Mer a déjà enregistré 212,6 millimètres, battant les 194,7 millimètres de janvier 2016. Vous vous demandez peut-être si ces chiffres reflètent vraiment une situation exceptionnelle ou s'il s'agit simplement d'un hiver breton classique ? Les données météorologiques ne laissent aucune place au doute. Quimper a franchi la barre des 300 millimètres de pluie sur le seul mois de janvier 2026. Brest-Guipavas a recueilli plus de 260 millimètres, alors que la normale pour janvier tourne autour de 143 millimètres. Certaines stations ouvertes depuis plus de 70 ans n'avaient jamais connu de tels excès. Sur les reliefs des Monts d'Arrée et des Montagnes Noires, les cumuls ont franchi les 200 millimètres dès la troisième semaine du mois. Le site Tameteo résume la situation avec une formule frappante : "Il est parfois tombé l'équivalent de 3 mois de pluie en l'espace de quelques semaines seulement." Cette accumulation explique pourquoi les rivières réagissent aussi violemment à chaque nouvelle averse.

Un rail dépressionnaire atlantique qui s'acharne sur la région

Le mécanisme d'une répétition sans fin

Depuis le 5 janvier, un flux d'ouest très actif dirige vers la Bretagne de l'air doux et extrêmement humide en provenance de l'Atlantique. Les dépressions se succèdent sur un rail quasiment fixe, traversant encore et encore la région sans jamais dévier leur trajectoire. Chaque perturbation apporte son cortège de fronts pluvieux, et les courtes éclaircies qui s'intercalent ne permettent jamais un assèchement réel. Ce type de configuration météorologique porte un nom technique : un rail dépressionnaire. Imaginez une autoroute céleste sur laquelle les dépressions circulent les unes derrière les autres, empruntant toujours le même chemin. La Bretagne se trouve malheureusement pile sur cette route, recevant chaque passage pluvieux sans possibilité d'esquive.

Des sols saturés qui aggravent tout

Le problème ne se limite pas aux quantités de pluie tombées. Les sols bretons sont gorgés d'eau depuis l'automne et l'hiver précédents. Résultat : la moindre averse se transforme désormais en ruissellement direct vers les rivières et les vallées encaissées. L'eau ne s'infiltre plus, elle dévale immédiatement vers les cours d'eau qui débordent de plus en plus vite. Un autre facteur aggrave la situation : le vent de sud, fréquent lors de ces épisodes pluvieux, gêne l'écoulement vers l'océan en poussant l'eau de mer dans les estuaires. Certaines marées hautes jouent un rôle de bouchon près des côtes, ralentissant l'évacuation naturelle de l'eau douce. Le cocktail météorologique devient alors redoutable :
  • Pluies répétées liées à un rail de dépressions atlantiques figé sur la région
  • Sols saturés qui ne peuvent plus absorber la moindre goutte supplémentaire
  • Vent de sud et marées hautes qui freinent l'écoulement vers la mer et créent des embouteillages hydrauliques
J'ai toujours été frappé par cette particularité des inondations bretonnes : ce n'est pas tant la violence d'un seul épisode qui pose problème, mais plutôt cette lassante répétition qui empêche toute récupération.

Plusieurs semaines d'inquiétude encore devant nous

Vigicrues maintient les quatre départements bretons en vigilance orange crues : Finistère, Morbihan, Côtes-d'Armor et Ille-et-Vilaine. Après chaque salve pluvieuse, les niveaux des rivières repartent à la hausse. Des cours d'eau comme la Laïta, le Blavet, l'Oust ou la Vilaine connaissent des pics à répétition. Un léger répit peut survenir lors d'une journée un peu plus sèche, mais la mémoire de l'eau reste présente dans les sols et dans les nappes phréatiques. Les prévisions météorologiques n'apportent guère de réconfort. De nouveaux passages pluvieux sont annoncés entre jeudi et vendredi, puis au cours du week-end, avec parfois 20 à 40 millimètres supplémentaires en quelques heures. Ces quantités paraissent modestes comparées aux 300 millimètres déjà tombés, mais sur des terrains saturés, elles suffisent à relancer les débordements. Les scénarios à 7 ou 10 jours prolongent un régime de basses pressions océaniques. Des conditions humides pourraient se maintenir au moins jusqu'à la mi-février, ce qui signifie que la Bretagne reste exposée à des pluies exceptionnelles et à des crues réactives pendant plusieurs semaines encore. De Landerneau à Redon, les habitants devront s'armer de patience face à ce phénomène qui dépasse largement le cadre d'un hiver breton classique. Cette situation illustre comment un phénomène météorologique apparemment simple – des dépressions atlantiques – peut devenir historique lorsqu'il se répète sans discontinuer sur le même territoire. Les experts sont formels : janvier 2026 restera dans les annales pluviométriques bretonnes.
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