Alors que l'hiver 2025-2026 semblait plutôt clément avec des températures douces sur une grande partie de l'Hexagone, un changement de régime météorologique se profile. Un possible affaiblissement du vortex polaire pourrait transformer la fin janvier en épisode glacial, avec des conditions dignes des hivers les plus rigoureux. Voici ce qu'il faut savoir sur ce phénomène qui fait beaucoup parler.
Le vortex polaire, ce géant invisible qui gouverne nos hivers
Vous avez sans doute entendu ce terme ces derniers jours sur les réseaux sociaux ou dans les médias. Mais concrètement, de quoi parle-t-on ? Le vortex polaire désigne une immense zone de basses pressions située dans la stratosphère, bien au-dessus de nos têtes, qui forme un gigantesque anneau d'air glacial tournant autour du pôle Nord.
En temps normal, des vents rapides et puissants maintiennent ce réservoir de froid bien sagement au-dessus de l'Arctique. Nos hivers restent alors sous influence océanique, avec des températures relativement douces pour la saison. Le problème survient quand ce système se dérègle.
Quand le vortex se fissure
Il arrive parfois qu'un réchauffement stratosphérique soudain vienne perturber cette belle mécanique. Les météorologues appellent ce phénomène SSW (pour Sudden Stratospheric Warming en anglais). Lors d'un tel événement, les températures stratosphériques au-dessus du pôle peuvent grimper de façon spectaculaire en quelques jours seulement. En janvier 2021, par exemple, la température stratosphérique polaire était passée d'environ -70 °C à -20 °C en à peine une semaine.
Quand le vortex s'affaiblit ou se disloque, le jet-stream devient plus ondulant et des poches d'air polaire peuvent descendre vers nos latitudes. C'est là que les choses deviennent intéressantes, ou inquiétantes selon votre rapport au froid.
Le scénario "Moscou-Paris" : mythe ou réalité ?
Dans le jargon météo français, on parle souvent d'un flux continental de type Moscou-Paris. L'expression est imagée : elle décrit une advection froide venant d'Europe orientale, capable d'apporter gel durable et, si l'humidité s'invite, des épisodes neigeux jusqu'en plaine.
Pour que ce scénario se réalise, plusieurs conditions doivent être réunies :
- Un blocage anticyclonique doit s'installer entre la Scandinavie et l'Atlantique Nord
- Ce blocage doit repousser les perturbations océaniques vers le sud
- Une "porte" s'ouvre alors à l'est, laissant passer l'air glacial accumulé sur la Russie et la Finlande
Et justement, de l'autre côté de l'Europe, le froid ne manque pas. La Laponie finlandaise a enregistré -42,8 °C à Savukoski-Tulppio le 9 janvier dernier. En Yakoutie, région reculée de Sibérie orientale, les thermomètres frôlent les -60 °C. À Stockholm, les minimales ont approché les -20 °C, rappelant l'hiver rigoureux de 2010.
Les dates à surveiller et ce que disent les modèles
Alors, ce froid sibérien va-t-il vraiment déferler sur la France ? Les modèles météorologiques ont beaucoup oscillé ces derniers jours. Début janvier, certaines simulations donnaient une probabilité de 65 à 70 % pour un scénario froid intense autour du 25-26 janvier 2026.
La fenêtre la plus sensible s'étendrait du 26 janvier au 1er février 2026. Les régions les plus exposées seraient le Grand Est et les Hauts-de-France, avec des journées très froides et des gelées matinales marquées. Le sud et l'ouest resteraient moins touchés mais ressentiraient tout de même un air nettement plus hivernal.
Nuançons un peu
Il faut rester prudent. Météo-France rappelle que le vortex polaire ne "décide" pas directement d'une vague de froid sur notre pays. Il crée un contexte plus ou moins favorable, mais la traduction au sol dépend ensuite de nombreux paramètres : position exacte des hautes pressions, chronologie des perturbations, et surtout, où se décale le blocage anticyclonique.
Selon France 3 Régions, les signaux pour un vortex polaire perturbé ont été "fortement réduits" ces derniers jours. Les possibilités d'air froid intense restent minces pour la toute fin janvier. Le froid pourrait davantage se manifester en février 2026 si le vortex venait à se scinder véritablement.
Comment se préparer ?
Même si l'incertitude demeure, mieux vaut anticiper. Voici quelques réflexes à adopter :
- Vérifiez l'isolation de votre logement et repérez les éventuels ponts thermiques
- Prévoyez de quoi affronter des températures négatives prolongées (vêtements chauds, couvertures)
- Gardez un œil sur les prévisions officielles de Météo-France
- Pour les Franciliens, anticipez les perturbations possibles sur le réseau de transports en commun
Le pull en laine, les plaids douillets et le chocolat chaud risquent de devenir vos meilleurs alliés dans les semaines à venir. Ce qui est certain, c'est que cet hiver garde encore quelques surprises dans sa manche. La distance entre le froid de Moscou et celui de Paris peut parfois se révéler bien plus courte qu'on ne l'imagine.