Vous en avez assez de cette pluie incessante ? Mauvaise nouvelle : ça va continuer encore une semaine. Mais vers la mi-février, quelque chose va changer en altitude. Le courant-jet, cette autoroute de vents qui guide les dépressions vers la France, va commencer à zigzaguer. Résultat ? Un tournant météo qui pourrait chambouler le temps, sans pour autant ramener le grand froid annoncé il y a quelques jours.
Le jet polaire, ce pilote invisible de notre météo
Connaissez-vous le
jet-stream ? Ce courant d'air ultra-rapide circule à environ 10 000 mètres d'altitude et sépare les masses d'air froid polaire de l'air plus chaud des latitudes moyennes. Quand ce ruban de vents souffle à plus de 300 km/h, il entraîne avec lui les
perturbations atlantiques comme sur un tapis roulant.
Depuis plusieurs semaines, ce
courant-jet est tendu comme une corde. Il file tout droit de l'océan Atlantique vers l'Europe de l'Ouest, sans dévier. Cette trajectoire rectiligne explique pourquoi les
fronts pluvieux se succèdent à un rythme soutenu sur la France, avec des passages particulièrement arrosés sur l'ouest et le sud-est. Les reliefs, eux, récoltent leur dose de neige en altitude.
Mais cette stabilité touche à sa fin. Les modèles météo détectent des signaux annonçant une transformation du comportement de ce fameux jet. Et quand il change de forme, tout peut basculer.
Cette semaine : encore et toujours de la pluie
Un défilé de perturbations programmé
Avant que les choses bougent vraiment, la
météo française va rester calquée sur le schéma actuel. Ce mercredi, les
précipitations toucheront l'ouest du pays. Jeudi, c'est l'ensemble du territoire qui sera concerné. Puis, après une petite pause en fin de semaine, les
dépressions océaniques reviendront à la charge.
Les cumuls de pluie s'annoncent importants entre lundi et jeudi prochains. Si vous habitez en
Bretagne,
Normandie ou
Pays de la Loire, vous connaissez déjà la chanson. Les sols saturés réagissent de plus en plus vite aux moindres épisodes pluvieux.
En montagne, la neige tombe régulièrement au-dessus de 1500 à 1800 mètres. Pas de quoi se réjouir pour les stations de moyenne altitude, qui attendent toujours leur vrai manteau blanc. Mais au moins, les domaines d'altitude peuvent fonctionner correctement.
Pourquoi cette monotonie pluvieuse ?
Tout revient au positionnement du
jet polaire. Tant qu'il reste rectiligne et orienté vers l'Europe de l'Ouest, il canalise mécaniquement les
systèmes dépressionnaires. Impossible pour eux de dévier vers le nord ou le sud. Ils foncent droit sur nous, l'un après l'autre.
Cette configuration météo ressemble à une file d'attente à la caisse d'un supermarché. Les dépressions patientent sagement au-dessus de l'Atlantique, puis défilent les unes derrière les autres. Résultat : une impression de temps qui n'évolue jamais vraiment.
Mi-février : quand le jet va se mettre à zigzaguer
Les simulations météorologiques convergent vers un scénario intéressant pour la deuxième partie de la semaine prochaine. Le
jet-stream devrait abandonner sa trajectoire linéaire pour former des
méandres, ces grandes ondulations nord-sud qui transforment le ruban de vents en une sorte de serpent ondulant.
Ces variations d'orientation favoriseront l'installation de
flux méridiens. Concrètement, l'air va circuler davantage du nord vers le sud ou du sud vers le nord, au lieu de filer d'ouest en est comme actuellement. Et c'est là que les choses deviennent imprévisibles.
Selon la position exacte du jet par rapport à la France, deux options se dessinent :
- Si le méandre nous place du côté chaud : douceur accrue avec températures bien au-dessus des normales
- Si le méandre nous place du côté froid : arrivée d'air plus frais, voire franchement hivernal
À mi-février, cette incertitude reste entière. Les météorologues affineront leurs projections dans les jours qui viennent, une fois que les modèles convergeront sur un scénario dominant.
Le froid annoncé ne viendra finalement pas
Il y a quelques jours encore, certains bulletins évoquaient un possible
retour hivernal marqué. Un
flux septentrional devait descendre vers la France, ramenant des températures basses et peut-être de la neige en plaine. Sauf que les dernières mises à jour des modèles ont douché ces espoirs.
La probabilité d'un véritable épisode froid en France a nettement diminué. Les températures resteront douces, voire carrément au-dessus des
normales saisonnières. Pour ceux qui rêvaient d'un hiver digne de ce nom, c'est une déception. Pour les factures de chauffage, c'est plutôt une bonne nouvelle.
En revanche, l'humidité persistera. La deuxième décade de février s'annonce toujours aussi mouillée. Les
précipitations resteront fréquentes, même si leur répartition pourrait changer avec les nouvelles trajectoires des dépressions.
Ce revirement illustre bien la complexité de la prévision météo au-delà de 7 à 10 jours. Une petite modification du
jet polaire, un anticyclone qui se décale de quelques centaines de kilomètres, et tout le scénario bascule. En altitude, ces ajustements semblent mineurs. Au sol, ils font toute la différence entre un pull léger et un manteau d'hiver.
Alors, que retenir pour les prochains jours ?
Gardez votre parapluie à portée de main, au moins jusqu'à la mi-février. Après, on verra si le jet décide vraiment de dessiner ces fameux méandres. Une chose est sûre : l'hiver 2026 ne rentrera pas dans les annales comme un hiver froid. Mais comme un hiver obstinément gris et trempé, ça oui.