Une rivière atmosphérique venue de l'Atlantique va s'installer sur la France à partir de mardi 11 février. Ce long ruban d'air chaud et humide menace d'apporter des cumuls de pluie dépassant les 150 mm dans certaines régions. Avec des sols déjà gorgés d'eau, le risque de crues et d'inondations est pris très au sérieux par Météo-France.
Une rivière atmosphérique, c'est quoi exactement ?
Vous avez peut-être déjà entendu ce terme sans trop savoir ce qu'il recouvre. Une rivière atmosphérique est un couloir d'air très humide, parfois long de plusieurs milliers de kilomètres, qui transporte d'énormes quantités de vapeur d'eau depuis les tropiques vers nos latitudes. Imaginez un fleuve invisible suspendu dans le ciel : voilà l'idée. Et quand ce flux bute sur un continent, toute cette humidité se transforme en pluie. Beaucoup de pluie.
Le modèle européen ECMWF confirme qu'un tel phénomène va se positionner sur la France dès mardi. Le flux océanique persistant alimentera en continu les perturbations venues de l'Atlantique, sans vraie pause entre les passages pluvieux. On est loin d'une simple averse de février.
Mardi et mercredi : deux jours sous haute surveillance
Un enchaînement de perturbations dès mardi matin
La journée de mardi s'annonce agitée. Dès le matin, deux perturbations coexisteront sur le pays. La première terminera son passage sur l'est et le nord-est, pendant que la nouvelle onde liée à la rivière atmosphérique gagnera toutes les régions de l'ouest et du sud-ouest. En Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie, les pluies seront soutenues, parfois accompagnées d'orages près du littoral atlantique. Sur les Pyrénées, la limite pluie-neige remontera au-dessus de 2 200 mètres, ce qui signifie que la pluie tombera à des altitudes habituellement enneigées à cette saison.
Dans l'après-midi, la perturbation progressera vers l'intérieur des terres. Presque tout le pays sera concerné, même si les cumuls resteront modérés en dehors des zones les plus exposées.
Mercredi, pas de répit en vue
Ceux qui espéraient une accalmie mercredi vont être déçus. Le temps restera très perturbé avec de la pluie sur l'est, le nord-est et une nouvelle zone pluvieuse entre la Bretagne et la Nouvelle-Aquitaine. Jeudi, d'autres précipitations soutenues sont attendues sur le Massif central et les Alpes, accompagnées cette fois de fortes chutes de neige en altitude. Bref, un épisode qui n'en finit pas.
Des cumuls de pluie qui font froid dans le dos
Les projections du modèle européen sont assez parlantes. Sur la semaine, plusieurs régions pourraient recevoir entre 100 et 150 litres d'eau par mètre carré. Et très localement sur l'ouest du Massif central, on parle de cumuls pouvant grimper jusqu'à 200 mm. Pour donner un ordre d'idée, c'est l'équivalent de ce que certaines villes reçoivent en deux mois complets.
Les zones les plus exposées se concentrent sur :
- La Bretagne, et en particulier le Morbihan, où les cours d'eau réagissent très rapidement aux fortes pluies
- Le grand sud-ouest, de la Nouvelle-Aquitaine à l'Occitanie en passant par le piémont pyrénéen
- L'ouest du Massif central et les Alpes, avec les cumuls les plus extrêmes attendus en altitude
Des sols saturés : pourquoi la situation est préoccupante
Voilà le vrai problème. Depuis plusieurs semaines, les perturbations se succèdent sur la France sans laisser le temps aux sols de sécher. Résultat : la terre n'absorbe presque plus rien. Chaque nouvelle averse ruisselle directement vers les rivières, qui montent bien plus vite que la normale. Vous habitez près d'un cours d'eau ? C'est le moment de surveiller les vigilances Météo-France de très près.
Les météorologues redoutent plusieurs types de risques :
- Des crues sur de nombreux bassins versants, en lien avec les pluies durables
- Des inondations par ruissellement dans les zones urbaines et littorales
- Un risque accru d'avalanches en montagne, où la neige fraîche pourra être suivie de pluie
En montagne justement, la situation mérite une attention à part. La neige prévue sur le Massif central et les Alpes, suivie de passages pluvieux, crée un cocktail propice aux coulées. Les randonneurs et les skieurs de hors-piste feraient bien de rester prudents.
Aucune accalmie durable en vue
Et après cette séquence ? Pas de miracle à l'horizon. À ce stade, aucun retour durable de l'anticyclone n'est envisagé par les modèles météo. Les perturbations devraient continuer à défiler sur le pays en début de semaine prochaine. On reste donc dans un schéma de flux océanique actif, le genre de configuration qui peut durer et user les nerfs autant que les berges des rivières.
En attendant, les bons réflexes restent les mêmes : consultez régulièrement la carte de vigilance de Météo-France, sécurisez ce qui peut l'être près des cours d'eau et évitez les déplacements non indispensables dans les zones les plus touchées. Les prochaines heures seront déterminantes pour affiner les prévisions et mesurer l'ampleur réelle de cet épisode.