Depuis la mi-janvier, un phénomène discret mais puissant contrôle la météo française. Un énorme blocage anticyclonique installé entre la mer de Norvège et la Scandinavie empêche l'atmosphère de circuler normalement. Résultat ? Les dépressions atlantiques glissent vers le sud et arrosent sans relâche l'ouest du pays. Mais autour du 10 février, ce verrou pourrait sauter. Et là, tout change.
Ce mur invisible qui pilote nos intempéries depuis des semaines
Vous avez remarqué comme il pleut souvent en
Bretagne ces derniers temps ? Ce n'est pas un hasard. Au-dessus de la
mer de Norvège, une zone de
hautes pressions s'est installée comme un couvercle sur l'Europe du
Nord. Les météorologues appellent ça un
blocage anticyclonique. Concrètement, cet anticyclone bloque les
perturbations atlantiques qui voudraient remonter vers la Scandinavie.
Du coup, ces dépressions n'ont pas le choix : elles descendent plus bas que prévu et viennent buter contre la
France, l'Espagne, parfois même le Maroc. C'est pour ça que l'ouest français enchaîne les épisodes pluvieux et venteux depuis plusieurs semaines. Pendant ce temps, l'air froid reste coincé plus à l'est, entre la Russie et l'Europe centrale.
Ce contraste météo va persister jusqu'au début de la semaine du 10 février. Après ? Les modèles s'accordent sur un basculement probable de la situation.
Ce qui attend la France après le 10 février
Pluies et vents en première ligne
Les dernières projections indiquent que le
mur anticyclonique pourrait se fissurer vers le
10 février. Quand ce verrou sautera, les
dépressions retrouveront leur route habituelle vers le nord. Mais attention : elles ne disparaîtront pas du paysage français pour autant. Au contraire, elles enverront une série de
fronts actifs sur notre pays.
Préparez-vous à voir tomber beaucoup d'eau. Les cours d'eau déjà gonflés par les pluies de janvier pourraient rapidement réagir. En
Bretagne, où les sols sont saturés, le risque de
crues reste élevé. Même chose pour certains bassins du Centre-Ouest et du Sud-Ouest.
Le vent pourrait aussi revenir en force, notamment sur ces zones :
- Les côtes atlantiques, de la Vendée au Pays basque
- Les rivages de la Manche, où les rafales peuvent atteindre des seuils tempétueux
- Les reliefs exposés comme le Massif central ou les Pyrénées
Difficile de donner des chiffres précis à cette distance, mais mieux vaut garder un œil sur les bulletins de
Météo-France dans les jours qui viennent.
Un refroidissement en vue ?
Après cette phase très humide, le flux atmosphérique pourrait pivoter. Au lieu de venir du sud-ouest, le vent tournerait au nord-ouest, voire au nord. Et qui dit flux de nord dit air plus frais. Les températures, anormalement douces ces dernières semaines, rejoindraient enfin les
normales de saison.
Pour les amateurs de ski, c'est une bonne nouvelle. Les
massifs montagneux pourraient recevoir des chutes de neige dignes de ce nom. Les Alpes, les Pyrénées et le Massif central retrouveraient leur manteau blanc, avec des cumuls parfois importants au-dessus de 1500 mètres.
En plaine, on parle plutôt d'un retour à un hiver classique qu'à une vague de froid polaire. Mais tout dépendra de la position exacte de l'anticyclone après le passage des perturbations. S'il se reforme sur l'Atlantique, on reste dans la douceur. S'il glisse vers la Russie, l'air froid pourrait descendre plus franchement vers l'ouest.
Faut-il s'inquiéter de ce changement météo ?
Honnêtement ? Pas de panique, mais de la vigilance, oui. Ce type de basculement atmosphérique n'a rien d'exceptionnel en hiver. Ce qui l'est un peu plus, c'est la durée du blocage actuel. Plusieurs semaines, c'est long pour maintenir ce genre de configuration.
L'incertitude porte sur l'intensité du changement. On sait que le
mur de la mer de Norvège va céder. On sait qu'il pleuvra et ventera. Mais combien de temps ? Avec quelle violence ? Quel froid ensuite ? Les modèles affineront leurs prévisions dans les 48 à 72 heures.
En attendant, voici quelques réflexes simples :
- Vérifier l'état des évacuations d'eau autour de chez vous si vous habitez en zone sensible
- Reporter vos déplacements non urgents si des alertes vent ou pluie-inondation sont émises
- Suivre les bulletins de vigilance Météo-France et les niveaux des cours d'eau sur Vigicrues
Le
vortex polaire, cette masse d'air froid tournant au-dessus de l'Arctique, reste chahuté cet hiver. C'est lui qui alimente en partie ce réservoir d'air glacial coincé au nord de l'Europe. Si les hautes pressions se reforment au bon endroit après le 10 février, ce froid pourrait descendre vers nous. Sinon, on restera dans un régime océanique classique, humide mais pas glacial.
Une chose est sûre : après des semaines de ronronnement pluvieux, la météo française s'apprête à bouger. Ce mur invisible de la Norvège a joué son rôle de régulateur atmosphérique. Son effondrement marque peut-être le vrai début de l'hiver 2026. Ou simplement une transition vers un mois de février plus agité que prévu. Les prochains jours nous le diront.